Affichage des articles dont le libellé est Faune. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Faune. Afficher tous les articles

mercredi 18 mai 2011

La renaissance du Santamartamys rufodorsalis

Des chercheurs travaillant dans le refuge d'El Dorado de la fondation Proaves, dans la Sierra Nevada de Santa Marta, département du Cesar, sur la côte caraïbe colombienne, ont aperçu et photographié début mai un spécimen de Santamartamys rufodorsalis, également appelé Souris arboricole de Santa Marta de son nom usuel.

Souris arboricole de Santa Marta (Santamartamys rufodorsalis) 
Photo : Lizzie Noble/www.proaves.com
Enfin pas si usuel que ça, puisqu'on n'avait pas vu l'animal depuis la fin du XIXe siècle, et qu'il était inscrit sur la malheureusement trop longue liste des espèces éteintes. Imaginez donc la surprise éprouvée par Lizzie Noble et Simon McKeown qui, se reposant à l'entrée du refuge après une longue journée passée à la recherche d'amphibiens en voie d'extinction, ont eu la surprise de voir tranquillement s'approcher d'eux ce petit rongeur roux de la taille d'un cochon d'Inde et pourvu d'une longue queue noire et blanche. Après avoir aimablement laissé à Lizzie le temps de le photographier sous toutes les coutures, notre héros poilu a poursuivi sa promenade et disparu dans le sous-bois, sans se douter qu'il venait exceptionnellement de réduire d'un item la liste des espèces disparues (et d'augmenter simultanément celle des espèces très menacées, ce qui est plus banal...).

Certes la balance n'est pas rétablie avec les milliers d'espèces animales (principalement des insectes) et végétales qui s'évanouissent chaque jour en raison de l'extension de l'espace occupé par les activités humaines et du déséquilibre que ces activités entrainent dans l'environnement (quand ce n'est pas sa destruction pure et simple), mais enfin ça fait du bien de publier une bonne nouvelle de temps en temps.

Que ce soit dans une conception utilitariste de la Nature (usages possibles des molécules contenues dans les organismes menacés de disparition) ou juste pour l'enchantement que procure la richesse et la diversité de la vie, on ne peut en effet que se réjouir de s'apercevoir qu'il existe encore des lieux qui abritent des animaux que l'ont n'avait pas aperçu depuis 113 ans, et qu'on peut donc également espérer que de tels microcosmes abritent aussi des espèces encore jamais observées. Mais il ne faut pas non plus tomber dans un optimisme naïf et cela doit surtout galvaniser nos efforts pour maintenir ces sanctuaires vierges de toute pollution et même de toute présence humaine massive. 

Parc Tayrona, Sierra Nevada de Santa Marta, Octobre 2008. Photo : D. Fellous/Libre arbitre

On pense ainsi au Parc Yasuni en Equateur, réserve incroyable de biodiversité menacée par l'arrivée de l'exploitaion pétrolière, comme avant lui le Parc Cuyabeno, dont le statut de réserve animalière n'a pas empêché l'octroi de multiples concessions à plusieurs multinationales. La proposition du président Correa d'interdire l'extraction de ce pétrole en contrepartie d'une aide de la communauté internationale correspondant à la moitié des revenus qu'auraient pu en attendre l'Equateur n'ayant pas reçu l'écho favorable et concret nécessaire, l'avenir du Parc Yasuni - et celui des espèces endémiques qu'il abrite - est devenu aussi sombre que l'hydrocarbure qu'il contient dans ses sols.

Equateur, 2004. Coucher de soleil sur les lagunes noires du Parc Cuyabeno. Photo : D. Fellous/Libre arbitre

Plus près de nous, en Colombie, on pense aussi au tracé de la jonction finale de la Panaméricaine, dans le Détroit de Darien, qui fait la frontière avec le Panama. Ou, dans la même région du Chocó, au projet chinois de ligne de chemin de fer reliant la Côte Caraïbe à l'Océan Pacifique. Ou encore, au projet fou, aujourd'hui en suspens, de téléphérique enjambant la jungle de la Sierra Nevada pour rejoindre la Cité Perdue des Tayronas sans avoir à marcher trois jours sur les sentiers forestiers qui la desservent aujourd'hui.

Combien d'espèces détruites dans ces mégaprojets avant même que d'être recensées ? Combien de Santamartamys rufodorsalis condamnés à finalement s'éteindre après avoir survécu un siècle à leur disparition annoncée ?

vendredi 1 avril 2011

La Colombie est une grande démocratie

Chocó, Avril 2010. Poisson pêché dans le rio San Juan.
Photo : D. Fellous/Libre arbitre
Dans une tribune publiée le 28 mars par le Monde.fr sous le titre "La guerre de Libye révélatrice de la géopolitique latino-américaine", Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur à l'IRIS nous apprend incidemment que :
 
"La Colombie", qui a voté au Conseil de
sécurité la résolution 1973, a déclaré son
président Juan Manuel Santos, "est toujours
derrière ceux qui défendent les libertés,
la démocratie et les droits de l'homme".

Sans vouloir faire le moindre commentaire sur cette déclaration du président colombien, ni rien rappeler de ses antécédents (il suffit de consulter les archives de ce blog), nous avons préféré attendre quatre jours jusqu'à la date d'aujourd'hui, qui nous paraît plus appropriée pour reproduire cette information...

mercredi 2 mars 2011

Un geste vraiment pas chouette !

Dimanche, lors d'un match de football du championnat colombien opposant à Barranquilla opposant l'Atletico Junior à domicile contre le Deportivo Pereira, une chouette (on dirait une grande effraie, du haut de mes faibles connaissances ornithologiques) a eu la malchance d'être heurtée par le ballon alors qu'elle survolait le terrain pendant a rencontre. De fait, l'animal avait élu depuis longtemps son domicile dans le stade, et se trouvait être la mascotte de l'équipe, et des hinchas (supporters)  de l'Atletico. Étourdi par le choc, l'oiseau est tombé sur la pelouse, provoquant un arrêt momentané du jeu.

Parc Tayrona, le 16 avril 2009. Match de football au Cabo de San Juan. Photo : D. Fellous/Libre arbitre

C'est alors qu'un des défenseurs du Deportivo Pereira, le panaméen Luis Moreno, ignorant visiblement le statut qu'elle avait pour l'équipe adverse et faisant preuve d'une cruauté que l'impatience excuse bien peu, a cru bon d'expulser la pauvre chouette hors du terrain d'un vigoureux coup de pied, à la manière d'un joueur de rugby transformant l'essai ! Le stade s'est tout de suite enflammé et le joueur à échappé de peu au lynchage, et le lendemain à l'aube des policiers lui signifiaient à son hôtel l'ouverture d'une enquête pour mauvais traitements sur un animal protégé, un délit susceptible de le mener en prison pour 45 jours. La chouette, une aile brisée par le choc, a été transporté vers une clinique vétérinaire, dans une confusion et une agitation extrême qui n'ont fait qu'ajouter au stress de l'animal, le mettant dans un un état de choc qui a causé une surproduction d'acide lactique qui finit par l'achever la nuit suivante. 


(Images : RCN Noticias)

On déplorera que les actes de cruautés subies par les milliers de victimes du conflit intérieur colombien ne suscitent pas la même ferveur indignée de la part de leurs compatriotes que celui infligé à cette chouette par un joueur de football stupide et violent, il n'en reste pas moins que les images capturées ce soir-là par le caméraman de RCN et retransmises par toutes les chaines nationales, ne peuvent que générer l'incompréhension chez tous ceux qui les voient (pour ceux qui ne comprendraient pas l'espagnol, il nous faut souligner la déclaration savoureuse du joueur incriminé aux journalistes après la fin du match où il affirme qu'il avait seulement voulu "aider la chouette à prendre de l'altitude pour qu'elle puisse s'envoler"...) :

 
 (Images : Noticias Caracol) 


L'Atletico Junior l'a emporté sur le Deportivo Pereira avec un score final de 2 à 1.

mercredi 18 août 2010

Le Chigüiro

Le Capibara, qui correspond je crois au cabiai guyanais, est un gros rongeur, en fait c'est même le plus gros des rongeurs recensés sur la Terre... Il peut peser jusqu'à 70 kg, un sacré rat... Plus proche du ragondin, en fait, puisqu'il est semi-aquatique, et qu'il peut passer de longues périodes totalement immergé, ne laissant affleurer que ses naseaux à la surface. À son nom latin Hydrochaeris hydrochaeris  (dont l'étymologie "porc d'eau" nous délivre cependant l'indice de ce que l'animal est comestible...), on pourra préférer l'appellation de Chigüiro tel qu'on le désigne le plus souvent en Colombie, en particulier lorsqu'on le trouve dans son assiette. 

Equateur, 2004. Troupeau de capybaras près de Puyo, en Amazonie équatorienne. Photo : D. Fellous/Libre arbitre
  
Et il faut dire que c'est une viande particulièrement savoureuse, grasse et tendre à souhait, particulièrement quand il est cuisiné à la Llanera, c'est à dire à la façon des Llanos, la zone orientale de Colombie, une grande plaine couverte de savane et dédiée à l'élevage de bétail, où ce rongeur est couramment consommé. La cuisson, lente, est effectuée au feu du bois d'une essence particulièrement odorante, et au moyen de piques en biais permettant un fumage simultané. Le résultat est délicieux avec toutes sortes de viandes, et réputé avec le veau de lait, mais le sommet est atteint d'après moi avec le Chigüiro. Et si les Llanos vous semblent trop loin, on peut en manger tout fait convenablement cuisiné et à un prix très raisonnable dans le centre de Bogotá,  dans un restaurant de grillades dont le nom m'échappe sur la Carrera Septima à l'angle de la Calle 20 (il me semble...).

samedi 13 mars 2010

Le crabe sur le dos


Parc Tayrona, le 30 Octobre 2008. Crabe sur une plage de la côte caraïbe colombienne. Photo : D. Fellous/Libre arbitre

Sur les écrans de Bogotá depuis hier, une coproduction franco-colombienne, El vuelco del cangrejo (Le crabe sur le dos) d'Oscar Ruiz Navia, qui a déjà été récompensé par plusieurs prix dans des festivals  de cinéma en Europe et en Amérique Latine. L'histoire se déroule dans un village reculé de la côte pacifique colombienne, où Cerebro (Cerveau), le leader de la communauté afro-descendante autochtone s'oppose au projet de construction d'un hôtel sur la plage par le Paisa, un propriétaire terrien blanc. C'est dans ce contexte qu'arrive Daniel, un citadin étrange et silencieux, venu attendre l'arrivée d'un bateau qui puisse le sortir clandestinement du pays... 


La bande annonce (en espagnol) ci-dessous :

jeudi 13 novembre 2008

Lézard de la table, gastronomie de campagne

Chicoral, le 13 novembre 2008. El Duende exhibe l'iguane qu'il va cuisiner, à la stupeur de certains de ses camarades.
Photo : D. Fellous/Libre arbitre

Aucun d'entre nous n'étant zoologiste, nous avons convenu d'appeler iguane le gros lézard qui a eu le malheur de traverser la route devant l'un des véhicules de la Minga avant son arrivée à Chicoral, dans le Tolima. L'iguane présumé, donc, a eu le dessous (c'est le cas de le dire) dans la brutale rencontre avec une chiva bondée de militants du CRIC (Conseil Régional des Indigènes du Cauca) qui a suivi son audacieuse incursion sur le lacet asphalté. Une mort tragique, certes, mais pas vaine, puisque El Duende (Le Lutin), un membre de la garde indigène de Toribio, un village situé au nord du Cauca, a récupéré le corps de la victime pour en faire son dîner.

- J'en ai déjà mangé, déclare-t-il a une assistance légèrement médusée, c'est un peu comme du poulet, un peu comme du poisson. 
  
À son crédit, cette recette de ragoût d'iguane glanée sur le web, qui recommande si l'on ne trouve pas dudit reptile de le remplacer par du thon ou du poulet. 
 

Chicoral, le 13 novembre 2008. Séchage et fumage
de la viande au feu de bois au soir d'une étape
de la Minga. Photo : D. Fellous/Libre arbitre
Ceux qui n'ont pas eu la chance d'être invité à la table du Duende ont pu se consoler en mangeant des lanières de viande de bœuf fumées, ou une soupe de pieds de vache, préparées au feu avec de la leña (du bois de chauffe) transportée dans le camion depuis le Cauca. "On voyage avec nos provisions, mais aussi avec notre bois", explique une des cuisinières, "ici, encore, on pourrait bien trouver de quoi alimenter les foyers, mais quand on sera à Bogotá, faudra bien continuer à se nourrir, et on ne va pas se mettre à couper des arbres là-bas..."
 
Chicoral, le 13 novembre 2008. Préparation du repas. Photo : D. Fellous/Libre arbitre

Et si l'on a quelques pesos en poche, on peut agrémenter le repas d'un bunuelo, un beignet de farine et de fromage en forme de boule, fraichement pétri et frit sur la cuisine roulante d'un petit commerçant itinérant, qui s'est matérialisé près du champ dès l'installation des mingueros.

Chicoral, 13 novembre 2008. Marchand de bunuelos. Photo : D. Fellous/Libre arbitre



lundi 23 avril 2007

La Nacho : l'Université Nationale de Bogotá

L'Université Nationale de Bogotá, la Nacho,  réserve toujours des surprises au flâneur qui erre sur son campus. Quand l'air n'est pas vicié par les gaz lacrymogènes des ESMAD (police anti-émeute) et qu'il ne résonne pas des explosions des papas (grenades artisanales confectionnées par les étudiants en chimie), cet ensemble universitaire tranquille et verdoyant est un lieu de promenade agréable. 

Bogotá, mars 2005. Distribution de tracts par des étudiants masqués à l'Université Nationale. Photo : D. Fellous/Libre arbitre

Au centre, la place du Che, ainsi baptisée par les étudiants, voit un immense portrait du célèbre révolutionnaire argentin s'étaler sur la façade d'un amphithéâtre.

Bogotá, mars 2005. Paix, Amour... et cocktail Molotov.
Photo : D. Fellous/Libre arbitre
Certains éditorialistes se sont émus dans la presse du symbole douteux que transmettait la présence de cette apologie d'un guérillero au sein de l'institution publique représentant le savoir officiel, alors même que le pays vit depuis si longtemps dans la guerre civile, et que  l'on y compte encore deux guérillas importantes, sans compter plusieurs petits groupes formés d'irréductibles issus d'anciens mouvements ayant  déposé les armes au début des années 90. L'administration fit alors effacer la fresque, déclenchant immédiatement une grève des étudiants et un blocage total de l'université sur le mot d'ordre que "si la place n'est pas du Che, elle n'est de personne".

Après un dur conflit et de nombreux affrontements entre la police et les militants des organisations d'extrême-gauche, la situation a fini par revenir au point de départ, si ce n'est que le nouveau portrait d'Ernesto Che Guevara fait désormais face à celui de Camilo Torres, le prêtre sociologue, ancien aumônier de l'Université Nationale, ayant abandonné sa soutane dans les années 60 pour rejoindre les rangs de l'ELN, une guérilla d'inspiration castriste où il trouva la mort lors de son premier combat, quelques mois plus tard, et dont il demeure la principale figure.

Autant dire que les esprits chagrins ayant lancé la polémique ont du en avaler leur plume (ou leur ordinateur portable) de dépit...



Bogotá, mars 2005. Etudiants devant un portrait de Camilo Torres sur la Place du Che, à l'Université Nationale.
Photo : D. Fellous/Libre arbitre

Bogotá, mars 2005. Joueur de softball à l'Université Nationale.
Photo : D. Fellous/Librearbitre
Sous le regard de ces deux icônes révolutionnaires, les étudiants trainent ou s'activent. On discute entre amis, on débat entre camarades ou contradicteurs, on joue au softball, on improvise un concert, on distribue des tracts, on répète une pièce de théâtre, on pratique la Capoeira ou le Taï-chi, et parfois même on organise un repas communautaire autour d'une immense marmite chauffé à un feu de bois allumé à même la place... 

De l'esplanade partent d'innombrables allées, desservant les différents bâtiments :  médecine, droit, économie, sciences humaines, sociologie, mathématiques,  littérature, sciences et techniques,... Des petits parcs et des placettes invitent partout à s'asseoir pour boire un café en regardant l'activité étudiante. Dans le dénommé "Jardin de Darwin", l'air se parfume de l'odeur douceâtre de la Marijuana, et il faudrait être aveugle pour ne pas remarquer les nombreux groupes d'étudiants assis en cercle dans l'herbe et savourant un petit joint entre deux cours ou effectuant quelque négoce illicite à la sauvette. 

Plus loin, certains inventent des petits métiers moins réprouvés par la justice et la morale pour financer leurs études. Comme partout en Colombie, on vend des minutes de téléphone, des cigarettes à l'unité, du café en thermos, des sandwichs ou même des plats préparés que les étudiants commandent à leurs camarades pour le lendemain. Des étals s'alignent le long des allées proposant de l'artisanat, des bracelets, des DVD de films et de programmes informatiques piratés, des livres d'occasion...
 

Bogotá, mars 2005. Graffiti à l'Université Nationale. "Ne collectionnes pas les livres, lis-les". Photo : D. Fellous/Libre arbitre
 
Les murs aussi offrent leur lot de lecture, théâtres du combat quotidien entre des graffiteurs à l'imagination féconde et une administration qui semble préférer la peinture unie aux fresques et slogans politiques.

Bogotá, mars 2005. Graffiti à l'Université Nationale. "Recherché. Si tu le vois, suis son exemple". Photo : D. Fellous/Libre arbitre

On en appelle à tous les héros du peuple, et l'étranger peu au fait de l'histoire du conflit colombien pourrait croire lire une blague qui n'existe pas dans le graffiti qui suit. Bateman n'est pas le vengeur masqué déguisé en chauve-souris qui hanta les pages des comics avant de s'envoler vers de plus lucratives aventures à Hollywood. Il s'agit en fait de Jaime Bateman Cayon, fondateur  en 1974 du M19,  un des nombreux mouvements de guérilla colombien, et son dirigeant jusqu'à sa mort en 1983 dans un accident d'avion.

Bogotá, mars 2005. Graffiti à l'Université Nationale. "Camilo (Torres), Marx, Lénine, Che (Guevarra), Trotsky, (Simon) Bolivar,  
 (Jaime) Bateman : Pardonnez-nous car nous ne savons pas ce que nous faisons..."  Photo : D. Fellous/Libre arbitre

Les mots d'ordre sont parfois empreints d'un pragmatisme (et d'un second degré) dont devraient s'inspirer les groupuscules d'extrême-gauche français.

Bogotá, mars 2005. Graffiti du Movimiento Porque Te Quiero Te Amo (Mouvement Parce Que Je T'aime Je T'aime).
"Pour l'unité : revendiquons les orgies". Photo : D. Fellous/Libre arbitre

Au détour d'un petit bois, on arrive dans une zone laissée à l'abandon, l'herbe devient haute, de vieux bâtiments tombent en ruine, il y a un petit lac, où plutôt un grande mare, avec une vieille barque, et même si parcourir la Nacho donne toujours cette impression de sortir de Bogotá, on se croirait plus loin de la ville encore. 

Bogotá, mars 2005. Andres, étudiant à l'Université Nationale. Photo : D. Fellous/Libre arbitre

Et là, près de l'Ecole Vétérinaire, paissent quelques chevaux et une demi-douzaine de vaches. Mais pas n'importe quelles vaches, des vaches à hublot ! Par cette ouverture, les étudiants-chercheurs peuvent accéder aux estomacs (au nombre de quatre comme chacun sait) de la vache et récupérer leur contenu a des fins d'analyse. Surprenant et impressionnant !

Bogotá, mars 2005. Une vache "percée" sur le campus de l'Université Nationale. Photo : D. Fellous/Libre arbitre

mercredi 26 avril 2006

La Machaca

Frontière Pérou/Équateur, 2004. Machaca (Fulgora Laternaria),
ailes ouvertes. Photo : D. Fellous/Libre arbitre
La Machaca (Fulgora Laternaria) est un insecte présent dans tout le bassin amazonien, du Brésil à la Bolivie, et qui ressemble à une espèce de papillon de nuit (bien qu'elle soit plus proche de la famille des punaises), avec des yeux de hibou sur les ailes. Mais c'est sa tête, exosquelette d'une forme étrange qui rappelle à mon sens celle d'une tortue, qui lui vaut sa réputation et de nombreux surnoms comme la mariposa-caiman, le papillon-caïman, ou la vibora volante, la vipère volante. On prétend souvent qu'elle brille dans le noir, ce qui est faux. Une autre légende s'attache à la Machaca, qui veut que si elle pique quelqu'un (ce qui est impossible, cet inoffensif hémiptère ne possédant ni dard ni aiguillon, ni quoi que ce soit de susceptible de nous infliger la moindre piqure ou morsure), la victime doit absolument avoir des relations sexuelles dans les plus brefs délais sous peine d'encourir une mort certaine. 

Frontière Pérou/Équateur, 2004. Machaca (Fulgora Laternaria), ailes fermées. Photo : D. Fellous/Libre arbitre

On pourrait croire à un bobard inventé par quelques guides sans scrupules pour mystifier des touristes ingénues et se présenter comme le seul sauveur possible à plusieurs heures de pirogue à la ronde, mais il apparait que nombre des habitants des régions amazoniennes de Colombie, d'Équateur ou du Vénézuela, prêtent réellement foi à cette histoire qui coûte souvent la vie à ce pauvre insecte en voie de disparition, mais qui doit aussi parfois être l'occasion de quelques naissances imprévues...